La Chambre des dupes

Camille Pascal

Veuve à seulement vingt-trois ans, Marie-Anne de La Tournelle, née Mailly-Nesle, comptait bien profiter de la fortune que son défunt mari lui avait léguée. A vingt-cinq ans, en 1742, l'heure était à l'insouciance et au plaisir de plaire. Et pourquoi donc ne point tenter de plaire... au roi de France ? Subjugué par cette femme qui se refuse pour mieux le séduire, le jeune Louis XV succombe aux charmes de la belle. Il lui cède tout, jusqu'à offrir à sa maîtresse une place qu'aucune favorite n'avait encore occupée sous son règne. Leur histoire d'amour ne serait qu'une sorte de perpétuel conte de fées si Louis XV, parti à la guerre, ne tombait gravement malade à Metz... Adorée du roi, jalousée par la Cour, crainte des ministres et haïe par le peuple, Marie-Anne devra-t-elle finalement se soumettre à la raison d'Etat ? Après L'Eté des quatre rois, Grand Prix du roman de l'Académie française en 2018, ample fresque qui narrait la succession, sur le trône de France, de Charles X, Louis XIX, Henri V et Louis-Philippe au cours des mois de juillet et août 1830, Camille Pascal plonge le lecteur dans les intrigues amoureuses, les cabales d'étiquette et les complots politiques d'un monde qui vacille. Lire la suite

512 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 135x210

A vingt-cinq ans, en 1742, Marie-Anne de La Tournelle, déjà veuve, aimait plaire. Et pourquoi ne point tenter de plaire... au roi de France ? Subjugué par cette femme qui se refuse pour mieux le séduire, le jeune Louis XV succombe aux charmes de la belle. Il lui cède tout, jusqu'à offrir à sa maîtresse une place qu'aucune favorite n'avait encore occupée sous son règne. Leur histoire d'amour ne serait qu'une sorte de perpétuel conte de fées si Louis XV, parti à la guerre, ne tombait gravement malade à Metz... Adorée du roi, jalousée par la Cour, crainte des ministres et haïe par le peuple, Marie-Anne devra-t-elle finalement se soumettre à la raison d'Etat ? Après L'Eté des quatre rois, Grand Prix du roman de l'Académie française en 2018, Camille Pascal plonge le lecteur dans les intrigues amoureuses, les cabales d'étiquette et les complots politiques d'un monde qui vacille.

Extrait

Vers deux heures du matin alors que la nuit atteignait son zénith, trois nouveaux masques se présentèrent à l'antichambre. Ils étaient suivis d'une femme vêtue comme on va à la Chine, la tête surmontée d'une petite pagode d'osier où pendaient des glands de passementerie et enveloppée d'une belle tunique de soie peinte dont les manches traînaient jusqu'à terre. (...) La taille majestueuse et bien prise par une grande ceinture brodée de toute une calligraphie, la jeune femme s'avança jusqu'au roi pour le saluer à la façon des concubines du grand Moghol qui se prosternent à ses pieds. La posture était osée, mais elle n'eut pas l'air de déplaire à Sa Majesté, laquelle, amusée autant qu'intriguée par la scène, se leva pour donner la main à la jolie Chinoise et l'inviter à se relever. Les masques tombèrent aussitôt découvrant Mme de La Tournelle escortée du marquis et de la marquise de Flavacourt, sa sœur et son beau-frère. Le roi parut charmé et presque saisi à la vue de grands yeux bleus à la perdition de son âme qui distribuaient comme par mégarde des regards enchanteurs et de belles lèvres charnues qui promettaient déjà la montée au paradis.

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