Le Berceau des jours meilleurs

Elise Fischer

En 1945, près de Nancy, Odile épouse Henri Carlier, un séduisant voyou qui a fait le pari de lui passer la bague au doigt et est arrêté peu après pour de petits trafics. De cette union sans amour, minée par la mère du garçon, une mégère qui l’idolâtre, et par les adultères à répétition de ce dernier – y compris avec la propre sœur d’Odile –, naîtra Isabelle. Odile ne peut que fermer les yeux sur les trahisons d’Henri. Elle est employée de maison chez des bourgeois nancéens, collectionneurs des meubles de Jean Prouvé, le célèbre designer, qui crée sa Maison des Jours Meilleurs pour les démunis l’année même où l’abbé Pierre lance son vibrant appel. Odile n’aura jamais la force de repousser ce mari pitoyable qui hante parfois le domicile conjugal, mais la brillante Isabelle se démènera pour aider sa mère, affrontera son père et, devenue journaliste, vivra sa vie de femme pleinement et les yeux ouverts. Lire la suite

432 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 140x225

INTERVIEW#xA;#xA;Pourquoi avoir choisi ce titre, Le Berceau des jours meilleurs, et que représente-t-il pour vous ?#xA;Le berceau, c’est le lieu d’habitation. Un habitat digne… Au sortir de la guerre, dans l’Est principalement, se loger était un réel problème. Le berceau des Jours meilleurs, est le clin d’œil à Jean Prouvé qui a voulu une Maison des Jours Meilleurs pour tous.#xA;#xA;Ces « jours meilleurs » sont-ils dans votre esprit ceux de l’émancipation des femmes, de leur nouvelle liberté qu’incarne admirablement Isabelle ?#xA;#xA;C’est tout à fait cela. Le combat de l’émancipation a commencé bien avant, mais il s’est totalement incarné dans la deuxième moitié du XXe siècle. Le général de Gaulle donne le droit de vote aux femmes. Pendant la guerre (pendant la précédente aussi), elles ont travaillé… Isabelle sera celle qui parvient à se libérer, elle est proche des femmes d’aujourd’hui.#xA;#xA;Vous évoquez tout au long du livre ces deux grandes figures que sont l’abbé Pierre et l’architecte Jean Prouvé, le créateur de la fameuse Maison des Jours Meilleurs. Avez-vous voulu ainsi mettre le grand combat social pour les plus pauvres, les plus démunis, au centre de votre récit ?#xA;#xA;Oui, bien sûr, les luttes sociales, le combat pour la dignité restent encore pour moi un grand axe de vie. J’ai bien connu le père Joseph Wresinski et Madame Geneviève de Gaulle-Anthonioz (ATD Quart Monde), nièce du Général, qui ont œuvré dans ce sens, comme l’abbé Pierre, qui fut député de Nancy, un mauvais député, m’a-t-il confié, quand je l’ai interviewé longtemps après. Je savais que Jean Prouvé et lui s’étaient connus. L’abbé Pierre, c’est l’homme de 1954 : « Mes amis, au secours, une femme est morte de froid… »#xA;Jean fut un grand humaniste. Plus connu à l’étranger qu’à Nancy, dont il fut maire à la fin de la guerre. C’est lui qui a accueilli le général de Gaulle à Nancy en 1944. Il est resté modeste… Disant : « Je ne suis qu’un tortilleur de tôles. »#xA;

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